Brève histoire du Séminaire Polonais de Paris

L’histoire du Séminaire Polonais de Paris commence avec la fin de la deuxième guerre mondiale : en 1945, après sa libération du camp de concentration de Dachau, grâce aux efforts d’Edmond Michelet, prisonnier lui aussi à Dachau à cause de son implication dans l’Action Catholique, un groupe de prêtres et de séminaristes polonais arriva de Dachau à Paris. Les prêtres entreprirent des études supérieures à l’Institut Catholique de Paris, les séminaristes reprirent leurs études en théologie en vue du sacerdoce.
Pris en charge modestement par le Secours Catholique, les prêtres et les séminaristes furent accueillis à Paris , au 44, rue Labat, au pied du Sacré-Cœur de Montmartre. L’archevêque de Paris de l’époque, S. E. le cardinal Emmanuel Suhard, en accord avec le primat de Pologne, le cardinal August Hlond, donna son accord pour l’ouverture du Séminaire Polonais à Paris. Depuis le 15 décembre 1947 le lieu de résidence de ce Séminaire Polonais  a été le Collège des Irlandais, dans le quartier latin, au 5, rue des Irlandais. L’acte formel de bail avec l’Episcopat Irlandais (avec l’accord du primat de Pologne, le cardinal August Hlond) a été signé par l’abbé Antoni Banaszak. Le Collège des Irlandais était spacieux, mais dans un état d’abandon. Le Séminaire Polonais ne disposait pas des moyens financiers lui permettant  de remédier à la situation. C’est alors qu’intervint  une aide exceptionnelle de la part de la « Ligue Catholique » des Etats-Unis. Par la suite, le Séminaire  a été pour un temps soutenu par « Kirche in Not », par « Renovabis », par la « Fondation cardinal Jozef Glemp », ainsi que par des personnes privées. Pendant un certain temps le Séminaire Polonais a reçu une aide de la part du Gouvernement Français, sous la forme de bourses d’étude privées. La reconnaissance par le Saint Siège a été obtenue grâce à l’intervention de Monseigneur Giovanni Roncalli, à l’époque nonce apostolique en France. Le Recteur du Séminaire était alors  Monseigneur Antoni Banaszak, de l’archidiocèse de Poznan (Pologne). Le Séminaire Polonais a occupé le 5 de la rue des Irlandais jusqu’en 1997.
En 1953 a été créé un « Petit Séminaire », un lycée pour les fils des émigrés polonais. De nombreux fils d’émigrés polonais ont pu ainsi acquérir le baccalauréat (grâce à la PUNO, « Université  Polonaise à l’Etranger », ayant son siège à Londres), et  poursuivre des études supérieures en Europe de l’Ouest. Lorsque prit fin « le temps du régime » en Pologne, et que cessa la menace de voir fermés les grands séminaires en Pologne, la Conférence  de l’Episcopat de Pologne décida de fermer « le Petit Séminaire » dans les années quatre-vingt.

Le « Grand Séminaire » a connu, surtout au début, un nombre important de séminaristes, nombre qui, par la suite, ne cessa de diminuer.  Les prêtres nouvellement ordonnés retournaient en Pologne, afin  de renforcer les rangs du clergé  polonais, durement éprouvé durant la seconde guerre mondiale. Par la suite, notamment en raison de l’existence du « rideau de fer », les anciens élèves  du Séminaire Polonais de Paris ont renforcé les rangs des prêtres polonais  en Europe,  au Canada et aux Etats-Unis. Le Séminaire Polonais de Paris a ainsi donné à l’Eglise 102 prêtres. Il a  terminé son activité dans les années quatre-vingt-dix, étant donné que la Pologne avait retrouvé sa pleine liberté : les séminaristes issus de l’émigration polonaise ont pu dès lors répondre à leur vocation dans les séminaires  fonctionnant normalement en Pologne. Une autre cause a également joué : la volonté de l’Episcopat Irlandais qui (en accord avec le Gouvernement Irlandais) a décidé de récupérer pleinement son bien à Paris.
C’est alors qu’est né le projet de trouver pour « le Séminaire Polonais de Paris » un nouveau lieu d’implantation.  Le 23 septmbre 1996, le cardinal Jozef Glemp, primat de Pologne, — au nom de la Conférence de l’Episcopat de Pologne — a signé l’acte notarial d’achat de la maison  à Issy les Moulineaux auprès des Sœurs  « Notre Dame de Sion ».  La Maison est  actuellement la propriété  de la Conférence de l’Episcopat de Pologne. L’un de ses principaux fondateurs est sa Sainteté Jean-Paul II (qui par deux fois,  lorsqu’il était archevêque métropolite de Cracovie, a visité le Séminaire). La question de l’administration du Séminaire Polonais, compte-tenu de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, est prise en charge par « l’Association Diocésaine de Paris ».

Le Séminaire  Polonais de Paris a rempli sa mission dans les temps difficiles  qui ont suivi la fin de la deuxième guerre mondiale ; avec le début du XXIe siècle, par la volonté de l’Episcopat de Pologne,  le Séminaire est devenu un foyer pour des prêtres étudiants polonais. L’Eglise en Pologne — et la Pologne en général — se trouvent devant les nouvelles exigences du temps, et ont besoin, toujours, de cadres humains correspondants. Devant  le nombre toujours grandissant d’immigrés polonais en France, la Conférence de l’Episcopat de Pologne a  décidé de confier au « Séminaire Polonais de Paris », outre le soin de la formation des cadres, la pastorale des milieux polonais en France, afin que ceux-ci soient un lieu d’échanges scientifiques et culturels. C’est ainsi qu’ont lieu : des rencontre de jeunes,  des cours pour les fiancés, des journées de récollection, des cours de  formation pour la Polonia, des rencontres de différentes associations et organisations polonaises, des sessions scientifiques inter-universitaires. — Depuis 2002 intervient au Séminaire Polonais un « centre d’études Philosophico-Ethico-social », qui collabore avec l’Université  Catholique de Lublin, et peut s’honorer de plus de 1.200 anciens étudiants. Le  « Séminaire  Polonais de Paris » se trouve être ainsi une vitrine de l’Eglise de Pologne à Paris, et plus généralement, une vitrine de notre Patrie dans la capitale de la France. 
Le  « Séminaire  Polonais de Paris » accueille des boursiers « Erasmus » de Pologne, ainsi que des prêtres-étudiants et des scientifiques du monde entier : 21 d’entre eux ont été accueillis en 2014.